Après une des lectures de Marisa, il nous récita un poème de D. H. Lawrence contenant ces vers sensuels et troublants :
Je vous aime, pourries,
Délicieuses pourritures.
J’aime vous aspirer hors de votre peau
Toutes brunes et douces et de suave venue,
Toutes morbides…
Sorbes, nèfles aux couronnes mortes.
Je l’atteste, merveilleuses sont les sensations infernales,
Orphique, délicat
Dionysos d’en bas.
Un baiser, un spasme d’adieu, un orgasme momentané de rupture
Puis seul, sur la route humide, jusqu’au prochain tournant,
Et là, un nouveau partenaire, à nouveau se quitter….
Une nouvelle ivresse de solitude parmi les feuilles périssantes glacées de gel.
Je fermai les yeux. J’avais envie de pleurer. Je n’avais jamais entendu un aussi beau poème, une aussi belle voix masculine.
— Joyce Carol Oates (Délicieuses pourritures, 2001)
photo : Stables of Strelna (Deborah Turbeville, Vogue Russia, 2000)